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SYLVIE RIGOT, présentatrice belge en 1988 et 1989 (2/2)

26 mai 2010 • Catégorie(s) : Interviews

En 1988 et 1989, Sylvie Rigot accompagne les téléspectateurs belges pour le grand retour de « Jeux sans frontières ». Elle a accepté de partager avec nous ses souvenirs, dans le cadre de notre « Jour J…Sf », grande journée spéciale consacrée au 45ème anniversaire de la création de l’émission.

Lire la première partie des souvenirs de Sylvie Rigot

JSfnet.fr : Vous avez eu l’occasion de rencontrer Paule Herreman, voix et visage historique de « Jeux sans frontières » à l’époque de la RTB. Quel souvenir gardez-vous d’elle ?
S. R. : Oui, Paule travaillait encore à la RTBF quand j’y suis arrivée en 1979. C’était une femme extraordinaire, drôle, incroyablement cultivée, polyglotte, une nature incroyable. Elle était retraitée à l’époque mais je crois que c’est parce qu’elle avait laissé un superbe souvenir à ses collègues étrangers qu’ils m’ont accueillie comme si j’avais été sa fille. Elle nous a d’ailleurs accompagnés lors de la finale à Bellagio au bord du lac de Côme en 1988.

Jsfnet.fr : Parmi tous les lieux que vous avez visité grâce à « Jeux sans frontières », quels sont ceux qui vous ont le plus marquée ?
S. R. : Tomar et Madrid. Tomar parce que c’est le seul endroit où vous descendez un escalier pour monter d’un étage… ou l’inverse !? Où le temps et les siècles s’imbriquent d’une étrange manière. C’est beau et mystérieux. J’y ai été frappée par la gentillesse des portugais : à la télévision, dans les équipes, dans la rue, dans les hôtels… : partout. Les Portugais étaient heureux d’être là et que vous soyez là.

Madrid, parce que c’est une ville dingue. En cinq jours, j’ai dormi six ou sept heures. Les oeuvres de Goya au musée du Prado sont un des grands chocs de ma vie. J’ai un grand souvenir du sens de la fête, du grandiose, de l’audace mais aussi de la grande discipline et de l’organisation des espagnols. Un mélange détonnant. Les Espagnols étaient heureux de bien vous accueillir et de vous montrer la grandeur de l’Espagne. Et désiraient montrer leur savoir-faire. Et que dire du plateau : le décor reconstitué des quais de Séville avec un Galion grandeur nature, une sorte de caravelle de Christophe Colomb reconstruite au milieu de la plaine à demi-heure de Madrid ! Je n’avais jamais vu ça et je ne l’ai plus revu… Incroyable. Fantastique. Un splendide souvenir !

JSfnet.fr : Quel est votre plus beau souvenir ?
S. R. : Je ne sais pas. Plein. Mais peut-être le cadeau que m’a fait le personnel de l’hotel de Tomar quand nous sommes partis : une charette miniature couronnée de fleurs, typique de la région. Ils m’ont discrètement emmenée à la cuisine et me l’ont donnée en me disant qu’ils m’aimaient bien. Ça m’a incroyablement touchée. Et aussi un après-midi, dans le salon de l’hôtel, à Tomar toujours, au cours duquel les Italiens de la RAI ont chanté des airs de chœurs de Verdi. Je me souviens notamment du choeur des Esclaves de Nabucco. Un très beau moment. Et encore les langoustes d’un petit restaurant de pêcheurs dans le port de Viana do Castelo [au Portugal, NDLR].

JSfnet.fr : Le moment que vous préférez oublier ?
S. R. : Quand ça a été fini… Et ma crise d’asthme à Castiglione.

Jsfnet.fr : Qu’est-ce qui est le plus difficile pour un présentateur de « Jeux sans frontières » ?
S. R. : C’est quand on est de retour à la maison entre les émissions. Dans la tête, on est aux jeux. De plus, quand on revient, on prépare l’enregistrement de l’émission remontée, on est dans ses notes, ses fiches, on enregistre et pouf on repart sur un autre site. C’était ça le plus difficile : être chez soi comme dans un hôtel de passage et être à l’hôtel comme chez soi.

A part ça, c’est un travail épuisant même si c’est incroyablement amusant, on travaille beaucoup beaucoup, on dort peu, on a des tas de réunions dans trois langues : on essaie de comprendre chaque épreuve, de l’écrire de la manière la plus claire possible… On s’occupe de nos équipes, on fait connaissance avec eux : leurs noms, leur vie, enfin ce qu’il faut pour pouvoir parler d’eux avec sincérité. En plus, ils étaient chouettes !… Après une semaine, on est KO ! On revient et là c’est tout le travail de postproduction pendant aussi presque une semaine et ça repart !

JSfnet.fr : Selon vous, quelle était la spécificité de la version belge dans la manière d’aborder « Jeux sans frontières », notamment par rapport à la France ?
S. R. :
Je crois que nous sommes en général en Belgique plus « bon enfant ». S’il s’agit du public, on est très « supporters » mais pas très chauvins et même si nos équipes mettaient tout en œuvre pour gagner (et elles étaient très fortes), on ne se sentait pas amer ou furieux quand on ne gagnait pas. En ce qui concerne la RTBF, au fond de moi je pense que notre équipe de production et de réalisation était une équipe qui aimait autant le concept des « Jeux sans frontières » que la fabrication de l’émission, tandis qu’il me semble que du côté français, il y avait un peu moins d’investissement émotionnel de la part de la production.

Par ailleurs, les émissions ne passaient pas en direct, chaque chaîne productrice ayant « sa » grille et sa conception du public auquel elle s’adressait ; chacune aussi croyant savoir ce qu’aimait ce public. En Italie et au Portugal, l’émission passait en faux direct presque complet, sans coupures, et la finale en direct, ça pouvait durer quatre heures ! En Espagne et en Belgique, le remontage devait faire autour de deux heures et en France, on remontait 1h15 : à l’étranger, Antenne 2 coupait quasiment toutes les interventions non-françaises et enregistrait des présentations face caméra de Marie-Ange [Nardi] et Fabrice, puis les commentaires à Paris, ce qui à mon sens enlevait toute saveur à l’aventure.

En Belgique, nous laissions les présentations étrangères et l’ambiance… Moi, je notais tout ce qui me passait par la tête pendant les enregistrements sur place et au retour, je mettais tout cela au propre et en fiches et j’enregistrais un commentaire comme si c’était du direct. Nous faisions tous comme ça, en fait.

Jsfnet.fr : Savez-vous pourquoi la RTBF s’est retirée avant l’édition 1990 ? En étiez-vous déjà informés au moment du tournage des dernières émissions de 1989 ?
S. R. : Non, je n’en étais pas informée. Je ne crois pas que la décision était prise. Je suppose que ce sont des raisons budgétaires.

Jsfnet.fr : L’émission a été arrêtée dix ans plus tard en 1999. Pour quelle raison majeure, selon vous ?
S. R. : Je n’en ai aucune idée. Peut-être que ces grands directs ont un rythme que les producteurs imaginent démodé ? A tort, quand on voit le succès qu’a eu « Intervilles » jusqu’à l’an dernier où ils ont eu la mauvaise idée de ne plus le laisser en direct et de changer une équipe de présentateurs qui gagnait ! Résultat : un flop…

Jsfnet.fr : Qu’avez-vous fait après « Jeux sans frontières » ?
S. R. :
J’ai repris mon travail de speakerine et de présentatrice jusqu’en 1993. Puis j’ai rejoint pendant 3 ans une équipe qui a monté une émission de médiation à la RTBF où j’étais journaliste. Puis j’ai écris des scénarios pour un jeu télévisé de la RTBF pendant deux ou trois ans avant de rejoindre, à ma demande, la régie finale de la RTBF. Le travail me plaisait et les horaires très irréguliers m’ont permis de reprendre des études de jour en 2000.

J’ai fait un complément à mes études de comédienne et d’interprète de textes et de poèmes au Conservatoire de Bruxelles où j’avais obtenu un premier prix en 1981. J’en ai profité pour adjoindre à ce diplôme supérieur un diplôme de méthodologie du français parlé qui me permet d’enseigner la diction, la phonétique et l’interprétation de textes. Pendant cette période et dès 1994, j’ai continué à présenter une émission d’archéologie et de traditions populaires jusqu’ en 2003/2004. Je suis toujours à la régie finale et je fais des spectacles poétiques.

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Une Réponse »

  1. J’ai regardé une fois et c’est pas trop trop mal dans l’ensemble… Mis à part un arbitre qui s’égosille un peu trop et qui doit en faire des caisses pour assurer le show ainsi qu’une présentatrice au sourire ultra-brite plus attirée par son reflet dans la caméra au lieu d’être proche et réactive avec son collègue animateur mais aussi les candidats…

    Le hasard fait généralement bien les choses…. mais bon, là, comme par hasard, c’est la dernière et sixième émission éliminatoire qui départage les deux équipes prétendantes à la finale… la joie du montage…

    Il aurait été aussi de bon ton de faire jouer les quatre équipes à chaque fois au lieu de les opposer deux à deux… On aurait additionné les scores obtenus à chaque émission et c’est l’équipe avec le plus gros total à la fin des six émissions qui serait allée en finale

    Il est surtout URGENT de revoir les règles du dernier jeu qui est complètement aberrant… Comment se permettre de traduire un écart de points en une distance, ce qui n’est pas du tout significatif et qui est difficilement convertible !!

    Une équipe peut très bien gagner jeu sur jeu et tout perdre au dernier moment, tout ça dans le but de ménager un « pseudo-suspense » à deux balles alors à quoi bon alors se fatiguer durant les épreuves si c’est pour tout perdre à la fin ?? Suffit juste de mettre des candidats costauds au dernier jeu et c’est gagné…

    Les questions de culture générale étaient plus adaptées comme dernier jeu et avaient selon moi plus de sens… Disons que les candidats faisaient fonctionner leurs jambes mais aussi leur tête !!

    Néanmoins, cette session de Jeux à la neige est moins ennuyeuse et surtout moins cheap que les Intervilles des années 2000 sur France Télévisions… Gardons espoir que Mistral Productions continue sur cette lancée à remonter la pente…

    Ce n’est pas une questions d’argent mais juste d’avoir l’envie et la volonté !!!